L’agriculture biologique

L’agriculture biologique
L’agriculture dite biologique est fortement revenue en force ces dernières années. Tandis que l’image de l’industrie agroalimentaire se dégrade de plus en plus, celle de l’agriculture biologique nécessaire est de moins en moins marginale. Les individus veulent des aliments plus sains et plus naturels dans leurs assiettes.

Rappel historique

Nous allons débuter par un rappel de l’histoire de l’agriculture biologique. En effet, il ne s’agit pas d’un phénomène si récent que cela. On peut faire remonter le concept d’agriculture biologique (par opposition à l’agriculture industrielle et intensive) au début du 20ème siècle. C’est dans les années 1920-1930 que les premiers mouvements de contestation sont apparus. Au début il s’agissait surtout de penseurs qui s’inquiétaient déjà de l’évolution de l’agriculture et notamment de l’apparition d’engrais minéraux de chimie. Les défenseurs de l’agriculture biologique prônent déjà un retour aux valeurs traditionnelles et donc à plus de naturel.

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Ce mouvement va continuer de se développer, mais toujours de façon plutôt marginale. C’est réellement dans les années 1970 que le concept « d’agriculture biologique » est créé. L’objectif étant de revenir à une agriculture naturelle c'est-à-dire sans produits chimiques et en utilisant les cycles naturels. Différentes institutions vont se créer dans les années suivantes :  La Fédération Nationale d’Agriculteurs Biologiques en 1978, Biocoop et Ecocert en 1986.

La vision de l’agriculture biologique a évolué entre temps, puisque l’objectif est de favoriser une agriculture plus raisonnée sans pour autant refuser toute innovation scientifique. D’ailleurs un cahier des charges précis définit ce qui peut être considéré comme étant des aliments issus de l’agriculture bio. Depuis les années 2000, le concept s’est fortement développé en France avec une croissance de 10 % par an du nombre d’aliments issus de cette forme de production entre 1999 et 2005. Puis, entre 2006 et 2010, cette croissance passe environ à 30 % par an. Depuis, la crise a frappé et la tendance a quelque peu ralenti.

Le label AB

label-AB.jpgLe label français bio est fondé en 1985. On l’appelle plus couramment le label AB (Agriculture Biologique). Pour obtenir ce label, il faut respecter certaines conditions, et plus précisément un cahier des charges. La règle principale, pour laquelle a été mis en place ce label, est de ne pas utiliser de la chimie de synthèse et notamment au niveau des engrais. Ce label est une propriété du ministère de l’Agriculture.

Le label est défini autour de 2 grands principes qui sont les suivants : aucun OGM (organisme génétiquement modifié) avec un seuil autorisé de 0,9 %, et des aliments conçus à base de 95 % d’ingrédients provenant de l’agriculture bio. Afin de vérifier que ces 2 grands points soient respectés, les aliments doivent avoir été contrôlés par un organisme agréé (SGS ICS, Aclave, Agrocert, Ulase, Qualité France SA et Ecocert SA), et qu’ils aient obtenu la certification suite à ce contrôle. Le label AB français s’aligne sur le label bio européen. Celui-ci est légèrement moins contraignant.

Une alimentation plus saine et naturelle

aliment bio

Par opposition à l’agriculture industrielle et intensive, celle dite bio se veut plus saine et plus naturelle. L’objectif est donc de proposer des aliments de meilleure qualité et notamment fortement moins chargés en éléments chimiques. On sait que les pesticides, engrais et autres éléments de chimie de synthèse utilisés dans la production industrielle, sont nocifs pour la santé. Plus précisément, ils sont dangereux si l’on en ingère de trop. Ils peuvent notamment favoriser le développement de certaines maladies. C’est pourquoi l’agriculture bio tient à limiter la chimie de synthèse dans les aliments qu’elle propose.

De plus, le principe est également de redonner plus d’importance au producteur, mais également aux produits locaux. Il est souvent critiqué le fait que les réseaux de distribution sont généralement trop longs pour les produits agricoles. Le prix que perçoivent les agriculteurs pour la vente de leur produit est nettement inférieur à celui de ces mêmes produits une fois qu’ils sont vendus en grande surface. En complément d’aliments issus de l’agriculture biologique, on voit donc de plus en plus de mouvements qui favorisent le « Made in France » et la production locale.

Une vision écologique

Bien sûr, on ne peut pas évoquer l’agriculture biologique sans faire le lien avec l’écologie. En effet, la protection de l’environnement est également une vision qui accompagne le concept d’une agriculture plus naturelle et sans produits chimiques de synthèse. Plus précisément, la production industrielle utilise des produits chimiques qui polluent les sols, mais elle rejette également plus de carbone dans l’air. De plus, elle a impact nocif sur la biodiversité.

Le concept bio permet donc de lutter contre ces phénomènes. Il utilise pour cela des procédés inspirés de l’agriculture traditionnelle et permettant de réduire la pollution, de mieux utiliser la terre, et de favoriser la biodiversité.

Un rendement plus faible et des coûts plus élevés

Cependant, il y a une contrepartie à tout cela. Sinon, l’agriculture biologique serait déjà utilisée par tout le monde. Or, on sait que ce n’est pas le cas et qu’elle est encore très minoritaire en France et dans le monde.

Les résultats montrent tout simplement que l’agriculture biologique a un rendement plus faible que la méthode industrielle. En effet, cette dernière est dite intensive et a pour objectif de produire un maximum d’aliments. En refusant les produits chimiques et notamment au niveau des engrais et des pesticides, les aliments sont donc plus soumis aux dégâts naturels et moins résistants. Les pertes sont donc plus nombreuses.

De plus, il existe également un autre élément qui freine le développement de cette méthode biologique. Il s’agit du coût de production qui est plus élevé. Cela s’explique à cause de différents éléments : absence d’économie d’échelle liée à la diversité de producteurs, les transports sont plus coûteux, car les volumes sont plus faibles, les rendements sont moins élevés, les contrôles de traçabilité et de respect du label, ainsi que les normes, sont coûteux, plus de main d’œuvre est nécessaire.

Finalement cela implique donc que les aliments issus de l’agriculture biologique sont vendus plus chers que les autres.  


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